L’Élite – Tome 1 : Résilience – Joelle CHARBONNEAU

Auteur : Joelle Charbonneau.

Éditions : Milan (Collection Macadam).

Genre : Dystopie, Jeunesse.

Date de parution : 15 Mai 2014 (VF / France) – 01 Mai 2013 (VO / États-Unis).

Nombre de pages : 312.

Les romans dystopique ont provoqué un véritable engouement dans le monde littéraire et notamment dans la littérature jeunesse. Les éditeurs cherchent à sauter dans le train et à trouver le « prochain grand succès » qui fait partie de ce genre. La dystopie est aussi un genre que je chérissais particulièrement. Je suis toujours en quête perpétuelle d’une nouvelle dystopie à dévorer et « L’Élite » de Joelle Charbonneau faisait partie de la liste des bouquins de ce genre que je voulais découvrir depuis quelques années. J’ai commencé le 1er tome de cette trilogie en Janvier dernier et à vrai dire, j’ai eu du mal à accrocher aux toutes premières pages et ça m’a un peu découragé. Mais, une fois entré dans le vif du sujet, ce qui se fait en quasiment très peu de temps, il m’était impossible de lâcher le livre et j’avais toujours hâte de me plonger dedans. Je ressors de cette lecture des étoiles pleins les yeux et au même temps frustré de ne pas avoir la suite à portée de mains. Mon premier coup de cœur de l’année 2020 s’est fait trop vite révéler et le 1er tome de « L’élite » mérite bien de l’être !

Joelle CHARBONNEAU

DE QUOI ÇA PARLE ?

Il s’agit d’une dystopie qui se passe dans un avenir proche : L’humanité s’est pratiquement effacée après une série de sept guerres qui ont impliqué des armes chimiques, biologiques et nucléaires. Les survivants se sont regroupés et ont créé une nouvelle civilisation sur les cendres du vieux monde.

Et nous on va suivre Cia Vale de la communauté des Cinq Lacs, la fille de l’un des meilleurs ingénieurs génétiques qui travaille sur la production de nouvelles variations plus durables de plantes capables de survivre dans la terre, désormais irradiée et empoisonnée. Le jour où Cia devient adulte et quitte l’école, elle et quelques autres personnes de sa colonie sont désignés pour passer le test et entrer ainsi à l’université dans la capitale « Tosu ». Ce test permet à la Communauté Unifiée, le nouveau gouvernement qui est nait sur les cendres des anciens États-Unis, trouve ses prochains grands leaders, ingénieurs et scientifiques. Cia se réjouit de son choix par le gouvernement parce que c’est une opportunité énorme, seuls les meilleurs et les plus brillants sont sélectionnés parmi les élèves des différentes colonies, et parce que ça fait longtemps que personne de sa colonie « Les Cinq Lacs » n’ait été désigné. Mais tout n’est pas comme il semble et le rêve va vite virer au cauchemar : la sélection sera sans pitié et beaucoup sont prêts à tuer et à trahir pour garder leur places …

UN UNIVERS RÉALISTE MAIS ADDICTIF !

Étant le premier livre d’une trilogie, « L’Élite » s’ouvre comme un roman dystopique YA bien trop familier. En fait, tout laisse croire que l’univers qu’a créé Joelle Charbonneau est inspiré de « Hunger Games » de Suzanne Collins et parfois même d’autres dystopies phares :  La configuration de la colonie fracturée d’après-guerre, la coquille éclatée de la civilisation humaine de nos jours, le contrôle du gouvernement à la « Divergente » de Veronica Roth et le processus de sélection annuelle de jeunes adultes pour prendre un bain de sang pour leur avenir. L’astuce est que cette fois, les candidats ne savent pas que c’est un processus de lutte à mort. Tout le monde dans cet univers suppose que les élèves qui échouent sont affectés à une autre colonie, ce que Cia et ses amis apprennent bientôt que ce n’est pas exactement le cas.

Mais, bien que ça parait similaire à de nombreux autres romans de dystopies jeunesse, « L’Élite » m’est paru beaucoup réaliste par rapport aux autres œuvres qu’on connait et où des adolescents sont destiné essentiellement à mourir et du coup plus brutal, quand on pense que ça peut parfaitement coller à notre monde actuel.

Je m’explique : De nombreux romans post-apocalyptiques qui se déroulent dans des sociétés dystopiques mettent en scène, généralement, un élément majeur : Un gouvernement dont les origines et l’installation coïncident parfaitement avec l’histoire classique des régimes totalitaires et qui donne parfois l’impression qu’il contrôle son peuple avec une cruauté manifeste juste pour le plaisir de contrôler et être cruel. Je ne dis pas que c’est l’intention des auteurs de ces romans dès le début, sinon ça serait bête ! Je suis conscient que dans chacune des dystopies que j’ai lues, chaque gouvernement a sa propre histoire et ses propres buts.  Mais, avec le recul, c’est justement les intentions de ces gouvernements qui ne sont pas bien clarifiés pour le lecteur, d’où cette impression. Avec « L’élite » de Joelle Chardonneau, je n’avais pas cette impression car le gouvernement qui y est présent et ses intentions étaient clair à mes yeux : La communauté Unifiée est un gouvernement qui emploie, certes, des tactiques cruelles et meurtrières pour tester ses jeunes étudiants les plus brillants, mais, elle le justifie clairement par son besoin de dirigeants tout aussi intelligents et débrouillards qui prennent des leçons des erreurs du passé et contribueront à la prospérité de l’humanité après les catastrophes qu’elle a enduré. Dans ce monde post-apocalyptique, les choses sont déjà allées de pire en pire et le gouvernement a restructuré le pays afin de rétablir la sécurité et l’équilibre. Du coup, la communauté unifiée ne semble guère être un mauvais endroit, d’autant plus que la sélection à passer le test est vu comme le plus grand honneur duquel tous les citoyens rêvent. Un honneur qui leur garantit un passage à l’université et une place en tant que membre important et contributeur de la société. Ceci est pas mal de fois cité tout au long de l’histoire et l’héroïne en est même consciente : C’est pour ces raisons que je considère l’univers de « L’Élite » comme étant le plus crédible et réaliste de tous les univers dystopiques que j’ai pu découvrir.

Et c’est justement de cette vraisemblance que naquit mon impression de brutalité excessive : Et par brutalité, je ne compare pas ce bouquin au bain de sang à l’arène de « Hunger Games » ou autre. Pas du tout ! Mais, ce monde à peu près superposable au notre fait de cette brutalité qui paraît minime à la lecture, une barbarie. Dans l’analogie que propose « L’Élite » avec la pression de la vie après le lycée et les tests standardisés redoutés qui précèdent l’acceptation d’une université prestigieuse, cette pression est portée à un tout autre niveau. Dans cette version du baccalauréat ou des examens d’entrée l’échec d’un test entraîne la mort. Imaginez juste un moment que ce genre de tests soit pratiqué dans un pays quelque part au monde et vous allez comprendre ce que je veux dire.

LA NARRATION :

Du point de vue des personnages, Cia est une héroïne sympathique qui se libère du moule typique du sous-genre. Elle est plus calme et plus modeste dans ses pensées, tout en restant intelligente et débrouillarde. Sa nature méthodique est un atout, et j’ai noté à quel point elle est vraiment compétente quand il s’agit non seulement d’exhiber ses connaissances théoriques, mais aussi d’appliquer et de déduire de manière pratique.  J’ai particulièrement apprécié sa nature introvertie et sa dose saine de la paranoïa qui lui ont permis à mainte fois de comprendre dans quoi elle est embarquée et de se remettre de pas mal de situations difficiles. Si Cia se concentre manifestement et tout d’abord sur la survie, elle est aussi profondément compatissante et farouchement dévouée à ceux qu’elle aime.

D’autre part et comme toutes les dystopies jeunesse auxquelles on est habitué, il y a bel et bien une romance dans « L’Élite », mais elle est secondaire par rapport à l’histoire principale et, même si elle est de la variété « J’ai toujours eu le béguin pour toi », elle n’est pas du tout écœurante. Joelle Charbonneau semble consciente de ce détail car plus d’une fois durant l’histoire, elle se dit à travers Cia que ce n’est pas le moment de la romance mélodramatique.  

Quant à Tomas, je ne savais pas beaucoup quoi penser de lui car tout au long de l’histoire, nous ne savons pas vraiment ce que Tomas a fait pour survivre et en particulier dans ce quatrième examen mortel, et bien qu’il semble être dévoué à Cia et digne de confiance, il y a quelques graves doute sur son caractère et il nous cache bien un secret que l’autrice garde jalousement pour la fin.

Le personnage qui m’a vraiment intrigué est celui de Michal qui est l’officier de Tosu qui, malgré ses rares présences dans l’histoire, va beaucoup aider Cia quand l’occasion se présente. Il va jouer un rôle crucial, je pense, dans l’évolution de l’histoire dans les tomes suivants et il y a comme une odeur d’une rébellion dans l’air et ce personnage-là y aurait quelque chose à faire dedans.

Le style de Joelle Charbonneau est vraiment dynamique et sa plume est très fluide. Elle maîtrise bien la narration comme la description, de telle sorte que rien ne nous est épargné dans ce livre et tous les détails de l’univers nous sont bien transmis. J’ai enchaîné les chapitres, un peu longs quand même, sans m’en rendre compte.

Je suis très satisfait de la fin de ce premier tome. Elle donne suffisamment de réponses pour le moment à certains de nos questions et le suspense nécessaire pour me pousser à lire le 2ème tome.

BREF …

Vous l’avez compris, je ressors totalement conquis de cette lecture. Une dystopie comme je les aime et plus. Les idées de l’autrice sont tout simplement géniales et rien que pour ça et pour la fin de ce tome que je lirais le tome suivant dès que je mettrais les mains dessus. Rempli de drames psychologiques et physiques, je me suis facilement laissé prendre dans le processus des tests que nous propose Joelle Charbonneau. Ils m’ont fait tourner les pages alors que la tension montait lentement. L’autrice a également fait un excellent travail avec la toile de fond de l’histoire, lui donnant un cadre dystopique crédible pour que l’histoire se déroule ainsi que des personnages bien développés.

Franchement, si vous cherchez un roman dystopique YA sur le modèle des grands blockbusters préférés, ne cherchez pas plus loin : « L’Élite » vous attend. D’habitude, je suis un peu dur avec les premiers tomes des sagas, même ceux que j’apprécie beaucoup pour ne pas hausser la barre trop haut et apprécier mieux les tomes suivants. Mais, ce livre mérite bien de rejoindre la liste de mes livres coups de cœurs et du coup, j’ai lui accordé   sur undefined et , sinon 18/20 sur undefined !

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